Vous êtes enceinte et inscrite au chômage ? Vous vous demandez sûrement comment va se passer votre congé maternité et quelles indemnités vous allez percevoir. Bonne nouvelle : même en étant demandeuse d’emploi, vous bénéficiez des mêmes droits qu’une salariée ! Je vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le congé maternité au chômage.
| 👶 Situation | ⏱️ Durée congé | 💰 Indemnités | 📋 Conditions & Démarches |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant | 16 semaines (6 avant + 10 après) | 30 premiers jours : allocation chômage + 19,5% salaire plafonné Après : allocation + 15% salaire plafonné |
6 mois d’affiliation requis Déclarer grossesse avant fin 1er trimestre Informer France Travail |
| 3e enfant ou plus | 26 semaines (8 avant + 18 après) | Maximum 104,02€/jour après prélèvements (21%) Versé tous les 14 jours par CPAM |
Percevoir ARE ou l’avoir perçue dans les 12 mois Ou cessation activité < 12 mois |
| Jumeaux | 34 semaines (12 avant + 22 après) | Calculé sur salaires des 3 derniers mois ou 12 mois si activité discontinue | Droits ARE suspendus mais préservés Aucun impact sur durée indemnisation |
| Triplés ou plus | 46 semaines (24 avant + 22 après) | Soumis à impôt sur le revenu Sans délai de carence, week-ends inclus |
Transmettre certificat médical à CPAM Envoyer acte de naissance après accouchement |
Oui, vous avez droit au congé maternité même en étant au chômage
C’est la première information rassurante à retenir : que vous soyez salariée ou au chômage, vous avez droit au même congé maternité. Les durées sont identiques, les protections également. La seule différence réside dans l’organisme qui vous verse les indemnités et dans le montant que vous allez percevoir.
Pendant votre congé maternité, vous n’êtes plus tenue de rechercher activement un emploi ni de vous rendre à votre agence France Travail. Vous pouvez vous concentrer sereinement sur votre grossesse et l’arrivée de votre bébé. C’est un droit fondamental qui vous protège durant cette période importante de votre vie.
Les conditions pour bénéficier des indemnités journalières
Pour percevoir des indemnités journalières pendant votre congé maternité alors que vous êtes au chômage, vous devez remplir certaines conditions. Rassurez-vous, elles sont assez larges et couvrent la plupart des situations.
Vous devez d’abord justifier de 6 mois d’affiliation en tant qu’assurée sociale à la date prévue de votre accouchement. Ensuite, vous devez vous trouver dans l’une des situations suivantes :
- Vous percevez actuellement une allocation chômage de France Travail
- Vous avez perçu une allocation chômage au cours des 12 derniers mois
- Vous avez cessé votre activité salariée depuis moins de 12 mois
C’est votre activité professionnelle antérieure à votre période de chômage qui détermine vos droits aux indemnités journalières maternité. Pour constituer votre dossier, vous devrez adresser à votre caisse d’assurance maladie les copies de vos 4 derniers bulletins de salaire.
Quelle durée de congé maternité pour les chômeuses
La durée de votre congé maternité dépend du nombre d’enfants que vous avez déjà à charge et du type de naissance (simple ou multiple). Le congé se divise en deux périodes : le congé prénatal avant l’accouchement et le congé postnatal après.
Durée selon votre situation familiale
Pour votre premier ou deuxième enfant, vous bénéficiez de 6 semaines de congé prénatal et 10 semaines de congé postnatal, soit un total de 16 semaines. Si vous attendez votre troisième enfant ou plus, la durée passe à 8 semaines avant l’accouchement et 18 semaines après, soit 26 semaines au total.
En cas de naissance de jumeaux, vous avez droit à 12 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal. Pour des triplés ou plus, les périodes passent à 24 semaines avant et 22 semaines après l’accouchement, ce qui représente un congé total de 46 semaines.
Les aménagements possibles du congé maternité
Vous avez la possibilité d’aménager votre congé maternité selon vos besoins. Vous pouvez écourter votre congé prénatal de 3 semaines maximum, qui seront automatiquement reportées sur votre congé postnatal. Pour un troisième enfant, l’inverse est également possible sur une durée de 2 semaines.
Si votre accouchement arrive plus tôt que prévu, les jours de congé prénatal non utilisés sont reportés sur la période postnatale. À l’inverse, si bébé se fait attendre, votre congé prénatal est automatiquement prolongé sans que cela ne réduise votre congé postnatal. Dans ce cas, la durée totale de votre congé sera donc plus longue.
Le montant de vos indemnités journalières au chômage
@babylensbox Enceinte + chômage = pas de droits ? FAUX. Le congé maternité existe aussi pour les demandeuses d’emploi, mais on ne vous le dit pas. ⚖️ Informez-vous, réclamez ce qui vous est dû. 👇 Je vous explique tout dans la vidéo. #JusticeSociale #CongéMaternité #Chômage #Ameli #CPAM #PôleEmploi #Femmes #Grossesse #Santé #TikTokFrance #FemmeEnceinte #babylensbox
♬ son original – Florine | grossesse&maternité
Parlons maintenant de l’aspect financier, car c’est souvent ce qui préoccupe le plus. Pendant votre congé maternité, vous ne percevez plus vos allocations chômage de France Travail. C’est votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) qui prend le relais en vous versant des indemnités journalières.
Comment sont calculées vos indemnités
Vos indemnités journalières sont calculées sur la base de vos salaires des 3 mois précédant votre congé maternité, ou des 12 mois précédents si vous aviez une activité saisonnière ou discontinue. On applique ensuite un taux forfaitaire de 21% correspondant aux cotisations sociales (CSG et CRDS).
Vos salaires sont pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale, qui s’élève à 4 005 euros au 1er janvier 2026. Le montant maximum de l’indemnité journalière maternité est de 104,02 euros par jour après déduction des charges sociales.
La composition de votre indemnité pour les chômeuses
Si vous êtes au chômage, votre indemnité se compose différemment selon la période du congé. Pendant les 30 premiers jours, vous recevez une indemnité de base égale au montant de vos allocations chômage, plus un complément de 19,5% du salaire brut plafonné.
À partir du 31e jour de votre congé maternité, le complément passe à 15% du salaire brut plafonné. Votre indemnité de base reste égale à vos allocations chômage. Ces indemnités sont versées en moyenne tous les 14 jours par votre CPAM, sans délai de carence, pour chaque jour de la semaine y compris les week-ends et jours fériés.
Vos démarches pour bénéficier du congé maternité
Bonne nouvelle : vous n’avez aucune formalité compliquée à accomplir pour bénéficier de vos indemnités journalières. Les démarches sont relativement simples et se font en plusieurs étapes.
Vous devez d’abord déclarer votre grossesse le plus tôt possible, avant la fin du premier trimestre. Votre médecin ou sage-femme vous remettra un formulaire de déclaration de grossesse que vous devez transmettre à votre CPAM et à votre CAF.
Ensuite, vous devez informer France Travail de votre congé maternité en effectuant un changement de situation depuis votre espace personnel ou en envoyant un document officiel de la CPAM attestant des dates de début et de fin de votre congé. Vous avez 5 jours après la fin de votre congé pour indiquer si vous souhaitez rester inscrite comme demandeuse d’emploi.
Enfin, transmettez à votre CPAM un certificat médical précisant la date prévue de votre accouchement ainsi que la date à laquelle vous souhaitez commencer votre repos de maternité. Après la naissance, envoyez rapidement un extrait de l’acte de naissance de votre enfant pour finaliser votre dossier.
Impact du congé maternité sur vos droits au chômage
Vous vous demandez certainement si votre congé maternité va réduire vos droits aux allocations chômage. Excellente nouvelle : ce n’est pas le cas ! Le congé maternité n’impacte pas négativement vos droits futurs.
Pendant votre congé maternité, le versement de vos allocations chômage est suspendu mais vos droits sont préservés. Concrètement, cela signifie que la durée de votre congé maternité n’est pas décomptée de votre période d’indemnisation. Vous retrouverez vos allocations chômage à l’issue de votre congé sans qu’elles n’aient été réduites.
Cette suspension permet également de reporter d’autant la fin de vos droits à l’allocation. Si par exemple il vous restait 8 mois d’indemnisation avant votre congé maternité, vous retrouverez ces 8 mois intacts après votre congé. C’est un mécanisme protecteur qui évite de pénaliser les femmes enceintes au chômage.
Les cas particuliers de congé maternité au chômage
Certaines situations spécifiques peuvent modifier votre congé maternité. Il est important de les connaître pour anticiper et bénéficier de tous vos droits.
Si votre bébé est hospitalisé après la naissance
Lorsque votre enfant doit rester hospitalisé plus de 7 jours après sa naissance sans rentrer à votre domicile, vous pouvez prolonger votre congé maternité. Cette prolongation correspond à la durée d’hospitalisation qui dépasse ces 7 premiers jours, dans la limite de 24 semaines maximum.
Pour en bénéficier, vous devez transmettre à votre CPAM avant la fin de votre congé postnatal une attestation de l’hôpital précisant la durée d’hospitalisation de votre enfant. Cette mesure vous permet de rester disponible pour votre bébé hospitalisé sans perdre vos indemnités.
En cas de naissance multiple
Si vous attendez des jumeaux ou plus, vous bénéficiez de 2 semaines supplémentaires de congé postnatal facultatif. Votre congé total peut alors atteindre 19 semaines au lieu de 17. Pour en profiter, vous devez en faire la demande à votre CPAM au moment où vous transmettez le certificat médical précisant la date prévue de votre accouchement multiple.
Prélèvements sociaux et fiscaux sur vos indemnités

Vos indemnités journalières de maternité sont soumises aux mêmes prélèvements que vos salaires. Un montant forfaitaire de 21% est automatiquement déduit avant le versement. Ce taux correspond à la part salariale des cotisations sociales, comprenant la CSG et la CRDS.
Ces indemnités sont également soumises à l’impôt sur le revenu. Elles doivent donc être déclarées dans votre déclaration annuelle de revenus. Les relevés de paiement que vous recevez de votre CPAM constituent des justificatifs importants : ils valident vos droits à la retraite et doivent être conservés sans limitation de durée, exactement comme des bulletins de salaire.
Reprendre une activité pendant le congé maternité
Vous avez la possibilité de convertir les 2 dernières semaines de votre congé postnatal en jours de repos postnatal, à condition que vous puissiez prolonger d’au moins 2 semaines votre repos postnatal obligatoire de 9 semaines. Cela vous permet de reprendre progressivement une activité.
Vous pouvez planifier vous-même ces jours de repos dans une période de 8 semaines suivant la fin de votre congé postnatal obligatoire. Vous êtes libre de les prendre de manière groupée ou répartie selon vos besoins. Pour cela, vous devez informer France Travail de votre planning au moins 4 semaines avant la fin de votre période obligatoire.
Si vous reprenez le travail de manière anticipée, vous devez impérativement avertir votre CPAM par écrit dans les 8 jours calendriers suivant la reprise. Cette démarche est essentielle pour régulariser votre situation et éviter tout problème de versement d’indemnités.
Protection contre le licenciement et congé maternité
Même si vous êtes au chômage, il est utile de connaître vos droits en matière de protection pendant la grossesse, notamment si vous retrouvez un emploi. Une femme enceinte bénéficie du statut de salariée protégée dès qu’elle a informé son employeur de sa grossesse.
Pendant toute la durée du congé maternité, la protection est absolue : aucune procédure de licenciement ne peut être engagée, même pour faute grave. Cette protection s’étend également durant les 4 semaines suivant la fin du congé maternité. Seules exceptions : une faute grave totalement étrangère à l’état de grossesse ou un licenciement économique inévitable.
Utilisez le simulateur pour estimer vos indemnités
Pour avoir une idée précise du montant de vos indemnités journalières, l’Assurance Maladie met à votre disposition un simulateur en ligne. Cet outil vous permet d’obtenir une estimation personnalisée en fonction de votre situation et de vos derniers salaires.
Le simulateur prend en compte votre statut (salariée ou chômeuse), vos revenus antérieurs, le nombre d’enfants à charge et le type de naissance attendu. En quelques clics, vous obtenez une estimation du montant quotidien et total de vos indemnités. C’est un excellent moyen d’anticiper votre budget pendant cette période importante de votre vie.
N’hésitez pas à contacter directement votre CPAM si vous avez des questions spécifiques sur votre situation. Les conseillers sont là pour vous accompagner et s’assurer que vous bénéficiez de tous vos droits pendant votre grossesse et après la naissance de votre enfant.


